Un peut de tout !!!

Ben sur cette page il y a tout ce qui va nulle part ailleurs..., des trucs qui ne servent pas à grand-chose en fait mais qui peuvent être intéressants, à vous de voir...

Est-il si difficile de compter le nombre des manifestants ?

Après les manifestations lors de la crise du CPE, le 4 avril, la police indiquait    1 028 000 manifestants et les syndicats 3,1 millions, on peut donc vraiment se poser la question de savoir si les méthodes de comptages sont vraiment efficaces...

Science & Vie n°1065 juin 2006 a enquêté.

"Il est vrai que lorsqu'il s'agit d'évaluer le succès d'une manifestation, on ne sait jamais à quels chiffres se fier. Ceux des forces de l'ordre ? Ou ceux des organisateus ? Il faut dire qu'aucun des deux clans ne s'embarasse d'un comptage s'appuyant sur des méthodes scientifiques, bien que celles-ci existent. L'empirisme prévaut ! D'où les éternelles divergences. Ainsi, lors de la manifestation nationale contre le Contrat première embauche (CPE) du 4 avril dernier, le ministère annonçait 1 028 000 personnes, et les syndicats 3,1 millions !

Concrètement, du côté de la police, "le comptage est fait par des agents expérimentés, nous explique un responsable des renseignements généraux (RG). Pour les cortèges de moins de 10 000 personnes, un seul fonctionnaire suffit ; au-delà, il en faut deux".

Ces agents se postent ni trop loin, ni trop près du début du cortège, pour ne pas "oublier" les éventuels groupes situés en amont. Lors de la manifestation parisienne du 4 avril, le premier agent se tenait au métro Filles du Calvaire, à 400 mètres du début du cortège, place de la République, et le second à 1,5 km, vers la Bastille. "Les agents se placent au balcon d'un magasin ou d'un particulier, surplombant une rue ni trop large, ni trop exiguë, poursuit notre contact aux RG. Ils appuient sur un compteur manuel, au passage de chacun des rangs du cortège." Le nombre moyen de personnes par rang étant estimé au préalable, il suffit de multiplier par le nombre de rangs.

Des méthodes objectives

Quant aux manifestations nationales auxquelles se joignent des personnes de la France entière, la police détermine le nombre minimum de manifestants possible, à partirdes réservations de TGV et de bus. Puis elle évalue le nombre maximum, selon la surface de la manifestation, sachant que, dans un cortège serré, un individu occupe 1 m².

Les syndicats procèdent un peu comme la police : en évaluant à l'oeil la densité des manifestants au départ et à l'arrivée du cortège sur plusieurs tronçons d'une centaine de mètres. Puis, le nombre total est déterminé selon la longueur du cortège. Les syndicats coordonnent leurs résultats, afin qu'un chiffre cohérent soit diffusé.

Selon les scientifiques, le comptage à l'oeil par des gens expérimentés est efficace. Mais il y a danger de manipulation des chiffres. D'où la necessité de recourir à des méthodes "objectives". Lesquelles existent. Ainsi, lors de la manifestation contre le Pacte civil de solidarité à Paris, en 1999, a été testé un portillon doté d'un système informatique comptabilisant les personnes passant sous lui. Très précis, ce système avait cependant l'inconvénient de ralentir la manifestation.

La technologie développée par Blue Eye Video, start-up grenobloise issu de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique, s'avère plus adaptée. "C'est un système formé d'une ou de plusieurs caméras placées en surplomb d'une manifestation - poteau ou balcon -, réliée(s) à un logiciel", explique son concepteur; James Crowley. Pensé pour analyser en temps réel des images vidéos, ce procédé comptabilise les individus passant dans le champ de la caméra, via de complexes algorithmes. Le système a été évalué avec succès à Grenoble, en 2003, lors de la manifestation contre la réforme des retraites. Mais voilà : si'l réduit des secteurs où le comptage n'a pas d'enjeu politique, il n'a pas encore été adopté ni par la police ni par les syndicats..."

 



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